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En août 1921, avait eu lieu le deuxième concours de la Rhön, à la Wasserkuppe. Willy PELZNER, jeune allemand de 21 ans s'y était distingué en gagnant le prix de la totalisation des durées.
A la fin de cette même l'année, l'Aéro-Club de Suisse décide d'organiser un concours pour le début de l'année 1922. Originalité de cette manifestation : le concours proprement dit sera précédé d'un cours d'initiation au "vol plané", dans le but de démarrer et promouvoir la pratique du "vol sans moteur" en Suisse. Cette manifestation est présentée comme le "coup d'envoi de l'introduction d'un nouveau sport dans notre contrée" par l'Aéro-Club [2] |
Merci à Jean-Marie Mesot (J2m de J2mcL-Planeurs) qui m'a fourni l'essentiel de la documentation à la base de la rédaction de cette page. |
Willy PELZNER [1900-1977], pilote instructeur de ce camp d'initiation s'apprête à décoller
Gstaad , février-mars 1922 [Coll. Stiftung Segelflug-Geschichte]
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C'est précisément le 28 novembre 1921, que le comité de la section de Suisse centrale de l'«Aéro-Club de Suisse» décide d'organiser un cours de vol à voile pour débutants à Gstaad, suivi d'un concours de durée pour planeurs. [2]
Cette décision fut prise avec l'appui de l'Office fédéral de l'Air (?), et plus particulièrement du chef de son service technique, l'ingénieur Robert GSELL [11] |
.L'évènement est annoncé dans divers journaux de Suisse et aussi d'autres pays d'Europe :
La Sentinelle, 23 décembre 1921 : [8]
Le 1 février 1922, La Sentinelle, se pose des questions sur l'organisation de ce cours et de ce concours :
L'Aéronautique, n° 33, février 1922
Les Ailes 1921-06-23 [erreur de date ?]
Et dans un numéro ultérieur (mars 1922)
La revue française L'Aérophile relaie l'annonce de l'évèmenent en février 2021 : [1]
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On peut s'interroger sur le choix de Gstaad pour cette première manifestation aéronautique. A cette question, les organisateurs ont, à l'époque, répondu :
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ORGANISATION DE LA MANIFESTATION |
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L'organisation de la manifestation est confiée à l'ingénieur Robert GSELL. [11]
Celui-ci fut assez persuasif pour convaincre Jakob SPALINGER et Hugo SCHMID de participer à cet évènement. Sans quoi, la manifestation n'aurait pu avoir lieu, en raison d'un trop petit nombre de candidats.
En effet, le le délai entre l'annonce de l'organisation du cours et la fin des inscriptions (fin janvier 1922) était tellement court que seulement quatre concurrents s'étaient déclarés à la cloture des inscriptions : [2]
L'ingénieur. Robert GSELL (Berne), le doyen des pilotes de planeur suisses et l'un des plus anciens pionniers de l'aviation. Ici lors des premiers championnats de Suisse de vol à voile, en 1937 [Die Berner Woche, n° 40 p 965, Band (Jahr): 27 (1937) Heft 40] |
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Les quatre inscrits étaient les suivants : |
• Francis CHARDON, postier, Berne, catégorie: parapente-biplan
• Jakob SPALINGER, technicien, Dübendorf, catégorie: deux planeurs (biplan-monoplan)
• Hugo SCHMID, ingénieur diplômé, Zürich, catégorie parapente monoplan
• Association de parapente et de vol à voile de Thun: catégorie: planeur-monoplan, pilote Albert CUENDET
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Et c'est le jeune mais déjà expérimenté Willy PELZNER, récent vainqueur du concours de la Rhön 1921 [pour la totalisation des durées de vol], qui est recruté comme instructeur pour la durée de ce cours. |
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La Sentinelle, 15 février 1922
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Le même jour, 15 février, L'Impartial, publie pratiquement mot pour mot le même communiqué :
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LES PARTICIPANTS, LEUR MACHINE ET LEURS PERFORMANCES |
Les essais auront lieu à partir d'un tremplin de saut à ski, dont la configuration se prête parfaitement aux vols planés des machines présentes. |
L'Impartial, 23 février 1922
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Le site de vol - En vol Chardon [ou Pelzner ?] Au sol à droite le planeur de Thoune
A gauche le S-2 de J. Spalinger (assez abimé !) [Aero Revue Suisse No 1/2022] |
Le Confédéré, n° 28, mercredi 8 mars 1922
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Willy PELZNER est le premier à arriver à Gstaad. Dès le 17 février 1922, il se lance dans la pente avec son biplan léger, qu'il a conçu et construit lui-même. |

Willy PELZNER, le moniteur recruté pour animer le cours, prêt à décoller avec son hyper-léger [10]
Noter la sangle qui sert de siège |
Il est venu à Gstaad avec deux biplans hyper-légers de caractéristiques suivantes : [10] |
Pelzner I
- Envergure 4,6 m
- Longueur 2,7 m
- Hauteur 1,4 m
- Surface alaire 13 m2
- Masse à vide 12,5 kg
- Charge alaire 6 kg/m2
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Pelzner II
- Envergure 6 m
- Longueur 3,2 m
- Hauteur 1,5 m
- Surface alaire 15,5 m2
- Masse à vide 11 kg
- Charge alaire 4,9 kg/m2 |
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Durant le cours, il a réalisé 51 vols, pour une durée totale de 801,4 secondes.
Durant le cours, il a réalisé 31 vols, pour une durée totale de 418,4 secondes.
C'est aussi lui qui réalisa le plus long vol : 42,2 secondes [devant Francis Chardon, 32,0 s]
Mais il ne fut pas déclaré vainqueur, le règlement stipulant que le concours était réservé aux pilotes suisses. |
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Le 19 février 2022, Francis CHARDON entame le montage du biplan qu'il a amené, appareil de sa conception et sa première conctruction "grandeur", effectuée dans la mansarde qu'il habitait à Berne. Mais l'appareil se révèle trop lourd et donc inapte au vol.
Immédiatement, sur les plans et avec l'aide de PELZNER, il entreprend de construire sur place un autre appareil. Trois jours plus tard, l'appareil est terminé et Chardon peut commencer à s'entraîner.
Francis CHARDON (1897-1994) a donc 24 ans en 1922. Il est fonctionnaire postal à Berne, passionné d'aviation depuis son enfance. Il sera le premier pilote de planeur breveté en Suisse [date inconnue], et le 3 juin 1924, il sera breveté avion n° 219. Il fit une (courete ?) carrière de pilote militaire, puis continua dans le civil, travaillant pour la société AD Astra. Aero [14]
Tilgenkamp [10] donne les caractéristiques suivantes du biplan de Francis CHARDON :
- Envergure 5,7 m
- Longueur 3,5 m
- Hauteur 1,5 m
- Surface alaire 13,8 m2
- Masse à vide 30 kg
- Charge alaire 6,9 kg/m2
Entoilage tissu. Atterrisseur : les pieds du pilote !
Remarque : la masse de 30 kg de cet appareil, nettement plus grande que celles des planeurs de Pelzner [11 et 12,5 kg], laisse à penser que ces specs sont celles du biplan que Chardon avait amené et avec lequel il n'a pas pu voler.
Pendant la manifestation, il effectuera 61 vols [sur un total de 137]. Son vol le plus long- record personnel de 32 secondes - est uniquement battu par l'instructeur de vol PELZNER [dont le meilleur vol est de 42,2 secondes]. En 51 vols de concours, Chardon reste dans les airs 617,9 secondes au total, soit une moyenne de 12,1 secondes par vol.
Il remporte ainsi le concours, et le prix de 500 francs (or !) qu'il réinvestira immédiatement dans un nouveau projet..
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Décollage de Francis CHARDON avec l'ultra léger type Pelzner qu'il vient de construire [Aero Revue No 1, 10. April 1922][3] |
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A gauche, Chardon et à droite Pelzner [Archives Thomas Fessler]
Machines très similaires, mais styles de pilotage différents |
Jakob SPALINGER arrive à Gstaad le 1er mars 1922. Il a 24 ans, et n'est pas un débutant. Spalinger a construit son premier planeur dès l'âge de 12 ans. Après le lycée, il est élève de l'école technique de Winterthur, où il construit le S1 (Spalinger 1), dont le premier vol eut lieu en 1919 à Dübendorf (canton de Zürich). C'est en effet là que se trouvait l'OVL [Ostschweizerischer Verein für Luftschiffahrt, Association de Suisse orientale pour la navigation aérienne, section de l'Aéro-Club de Suisse], club très actif dont il était membre.
Donc Spalinger a déjà effectué des vols planés avec son S-1 [inspiré d'un aéroplane Caudron, peut-être le G-3, mais sans moteur] .Pour venir à Gstaad, il modifie son planeur [double dérive, roues remplacées par des patins...], qui devient ainsi le S-2.
Spalinger a aussi amené son nouveau S-3. Mais les machines ne sont pas en état de vol, et les avis divergent quant aux raisons : Robert Gsell, dans son compte-rendu note que les planeurs ne sont pas terminés, alors que Jakob Spalinger, dans ses mémoires publiées en 1979, dit qu'ils ont été fortement endommagés pendant le transport.
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Tilgenkamp [10] donne les caractéristiques suivantes du biplan S-2 :
- Envergure 7 m
- Longueur 5 m
- Surface alaire 20 m2
- Masse à vide 67 kg
- Charge alaire 6,6 kg/m2
Entoilage papier. Atterrisseur constitué de deux patins skis réglables.
Le même auteur indique que pendant tout son séjour à Gstaad, SPALINGER ne réalisera que 4 petit bonds, pour une durée totale de 10,6 secondes, le plus long de 5,2 secondes, pour une moyenne de 2,7 s..Cependant,, Spalinger décrit un vol avec le S-2 au cours duquel, en raison de conditions de vent défavorables, son planeur touche une congère de neige après 9,4 secondes et se disloque après 10,2 secondes. |

Le Spalinger S-2, à Gstaad [via 2] |
Le deuxième planeur de Spalinger (le S-3) était un monoplan.
Tilgenkamp [10] donne les caractéristiques suivantes du S-3 :
- Envergure 12 m
- Longueur 5 m
- Hauteur 1,6 m
- Surface alaire 16 m2
- Masse à vide 63 kg
- Charge alaire 8,1 kg/m2
Entoilage tissu. Atterrisseur constitué d'un patin ski principal et de deux patins latéraux plus petits.
Selon Spalinger, le S-3 est cassé lors du deuxième vol après 9,4 secondes.[ Aucune source dont nous disposons ne relate les vols du S-3] |

Le S-3 de Jakob Spalinger à Gstaad |
Ce n'est que le 13 mars 1922 qu'Hugo SCHMID, déjà quelque peu exercé au vol plané [il avait, en 1920 ou 1921, déjà construit un appareil de conception similaire], termine son planeur HS-7.
Comme Jakob SPALINGER, il était membre de l'OVL [Ostschweizerischer Verein für Luftschiffahrt, Association de Suisse orientale pour la navigation aérienne, section de l'Aéro-Club de Suisse], club très actif basé à Dübendorf (canton de Zürich). Du 1er au 14 août 1926 il participera au camp de vol à voile organisé par l'OVL à Gottschalkenberg [canton de Zoug]. Cette rencontre réunira 25 participants et 14 appareils dont Hugo SCHMID avec son planeur "HS 8". Il était aussi connu pour ses activités d'aéromodéliste.
Les caractéristiques de sa machine étaient les suivantes : [2]
- Envergure 9.0 m
- Longueur
4.8 m
- Surface alaire
12.8 m2
- Charge alaire
6.4 kg2
- Masse à vide
18 kg
- Masse en ordre de vol
90 kg
J2mcL-Planeurs : Schmid HS-7 |

[10] |
«», écrit Robert Gsell, à propos de Schmid. En effet ce dernier n'a pu effectuer que 3 bonds d'une durée totale de 2 secondes, le plus long des trois de 1 seconde, le dernier terminé par la destruction totale du planeur.. |

L'épaisse couche de neige rendait la manipulation des planeurs difficile,
particulièrement pour les appareils à décollage à pied, comme le HS-7
|10] |
Albert CUENDET, [1883-1933] mécanicien de formation, il devient pilote d'usine chez Blériot en 1913. Il fait partie des premiers pilotes au monde à effectuer des loopings. Après la guerre, de 1918 à 1933, il est «pilote d'essai» au centre de construction suisse de Thoune.
A Gstaad
Il pilote le planeur de l'Association de vol à voile et de parapente de Thoune, dessiné et construit par August HAEFELI et Louis LERGIER. Mais en raison de ses activités à Thoune, il ne pourra être présent à Gstaad que quelques journées.
Dans son compte-rendu [AéroRevue], Robert Gsell écrit :
"
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Albert CUENDET aux commandes du planeur de Thoune (Thun) [10] |
Tilgenkamp [10] donne les caractéristiques suivantes du "Thuner-Gleiter" :
- Envergure 10,4 m
- Longueur 6 m
- Hauteur 1,4 m
- Surface alaire 16 m2
- Masse à vide 55 kg
- Charge alaire 7,5 kg/m2
Entoilage tissu. Atterrisseur constitué de deux patins skis |

Albert CUENDET devant le planeur de Thoune [10] |

Le planeur de l'association de vol à voile de Thoune, en vol (2] |
Albert Cuendet réalisera pendant le concours 17 vols et une durée de vol totale de 371,5 secondes. A cela il faut ajouter un vol effectué avant le concours, donnant un temps cumulé total de 389,5 secondes.
Il sera classé deuxième du concours
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Devant le S-2 de Jakob SPALINGER [Coll. Stiftung Segelflug-Geschichte]
De gauche à droite : SPALINGER, Wwilly PELZNER, Louis LERGIER [constructeur (avec HAEFELI, du "Thuner-Gleiter") et Francis CHARDON
Spalinger donne l'échelle de son planeur |
EN CONCLUSION |
L'Impartial, 23 février 1922
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L'Impartial, 29 février 1922
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En effet, l''année 1922 sera ensuite marquée en Europe par un accroissement spectaculaire des performances : le 18 août 1922, Arthur MARTENS, le premier, dépasse l'heure de vol [à la Wasserkuppe]. Ce record ne tiendra pas longtemps puisque, une semaine plus tard, et au même endroit, Friedrich HENTZEN tient l'air pendant 3 heures et 10 minutes (sur planeur Vampyr [5], comme MARTENS). Finalement; durant le concours d'Itford Hill (6] (Angleterre), le 22 septembre 1922, Alexis MANEYROL ravira le record à HENTZEN en volant 3 heures et 21 minutes (planeur Peyret Tandem [7]). |
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SOURCES DOCUMENTAIRES |
Les informations de première main les plus fiables seraient à retrouver dans l'AeroRevue [Revue officielle de l'Aéro-Club de Suisse] des années 1921-1922, dont nous ne disposons malheureusement pas.,, L'Aérophile 1ier-15 février 1922, page 34 - Gallica-BnF
, par Daniel Steffen, AéroRevue 1-2022
, par Felix Deutsch, Segelflugverband der Schweiz SFVS, site AeroBeo Info
, par Lukas Kappenberger, : Röbi Möhl und René Zürcher, Müller Medien AG, Gstaad 2016. Un chapitre de 8 pages sur le concours de Gstaad.
,, Base de données J2mcL-Planeurs
, page de ce même site Vieilles Toiles...
,, Base de données J2mcL-Planeurs
,, Quotidien publié à La Chaux de Fond (Suisse) de 1970 à 1965. Accessible en ligne sur la onnées Bibliothèque de la Chaux-de-Fond
,, Quotidien publié à La Chaux de Fond (Suisse) depuis 1881. Bibliothèque de la Chaux-de-Fond
, Erich Tilgenkamp, 1942 - J2mcL-Planeurs
,Italo Marrazza, 1945 - J2mcL-Planeurs
,Schweizerische Bauzeitung, 79/80 (1922) Heft 23 - E-Periodica
, Revue inconnue. 1985
, Revue et date inconnues
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Page
créée le 13/05/2022. Dernière mise à jour le
01/08/2023 |
Des vieilles toiles aux planeurs
modernes © ClaudeL 2003 -
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